12.01.2009

Faire une analyse systémique des décès à l'hôpital.

« Erreurs médicales : un professeur accuse »
Le Journal du Dimanche, 11 janvier 2009

(Source : revue de presse mediscoop)

Le Journal du Dimanche revient sur deux pages sur « la face cachée de la médecine qui se dévoile à l'occasion d'une dramatique série noire [qui] a révélé au grand public un problème bien connu des professionnels : les accidents médicaux ».
L’hebdomadaire remarque en effet qu’« un nombre considérable d'"événements indésirables graves", selon la terminologie administrative de rigueur, se produisent chaque année ».
Le journal livre les propos de Philippe Juvin, professeur d'anesthésie-réanimation et chef des urgences de l'hôpital Beaujon (Clichy), qui « estime à 10 000 le nombre de morts causées chaque année par un acte médical en France. Soit 30 par jour, ou plus d'un toutes les heures... »


« Autant de décès qui, selon lui, pourraient être évités », note Le Journal du Dimanche.
Philippe Juvin déclare qu’« aucune statistique fiable n'existe en France sur ce sujet », et indique se baser « principalement sur les chiffres américains ».
Le spécialiste note ainsi qu’aux Etats-Unis, « les causes principales de ces erreurs ont été identifiées et les Américains sont parvenus à réduire ces conséquences mortelles de la médecine ».
Le praticien estime qu’en France, « il faudrait obliger tous les hôpitaux à faire systématiquement une enquête après chaque décès, y compris dans les cas qui ne semblent pas liés à l'exercice de la médecine. Une fois que tous ces décès auront été passés au crible, une fois qu'on disposera d'une base de données nationale, une fois qu'on aura fait ce que les spécialistes de l'aéronautique appellent une analyse systémique du risque, on pourra mettre en place des mesures correctrices ».
Philippe Juvin ajoute que la première cause de défaillance, « c'est l'erreur d'organisation : organisation du service ou de la journée, problèmes d'étiquetage sur le médicament, omission de bracelet sur le patient, confusion dans les noms ou les dates de naissance ».
« Les erreurs médicales viennent assez loin derrière. […] Le manque de moyens vient très loin derrière les autres causes », poursuit l’anesthésiste-réanimateur, qui note que « le monde médical a tendance à minimiser les erreurs pour des raisons parfois légitimes, comme le sentiment d'injustice lorsqu'on a l'impression d'avoir bien fait son travail. Et puis il est très compliqué humainement d'aller voir des personnes endeuillées... ».
Philippe Juvin déclare qu’« il faut que les médecins apprennent à présenter des excuses. La transparence rassure et diminue la judiciarisation. […] Historiquement, il y a en France une tradition paternaliste de la médecine. […] Même les meilleurs médecins ne doivent pas s'exempter de procédure ».

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