06.01.2009
Les médecins sont-ils influencés par les laboratoires pharmaceutiques ?
Le journal La Croix (6 janvier 09) pose la question, « Les médecins sont-ils influencés par les laboratoires pharmaceutiques ? » car, bien qu’elle ait « réduit ses effectifs de visiteurs médicaux », « l’industrie pharmaceutique consacre au moins trois milliards d’euros par an à la promotion de ses médicaments auprès des médecins » La Croix revient sur les « dérives » qui ont « favorisé le vote en 1994 d’une loi interdisant toute remise à un médecin d’un présent d’une valeur supérieure à 30 € » .
Un médecin témoigne, « A une époque, on était pourri-gâté par les labos. On recevait des stylos et des montres de marques ou bien un fax, une télévision, des statues en bronze… Et à la sortie d’un nouvel anti-cholestérol, on nous emmenait faire un beau voyage en Chine ».
Depuis le 1er janvier 2008 tout a changé « Tout est désormais réglementé. On ne peut même plus donner des stylos ou des post-it » souligne Patrick Lacombe, directeur de l’Association des directeurs de réseaux de la visite médicale (Adrev). « Toute délivrance d’échantillon de médicaments lors de la visite est, elle aussi, proscrite(..) un délégué peut toujours convier un médecin à déjeuner, à condition que cela reste dans des « limites raisonnables ».
Un laboratoire peut inviter des médecins à un congrès ou pour des soirées de formation organisées au restaurant, mais il doit faire une demande à l’Ordre des médecins, qui vérifie l’intérêt du programme scientifique », indique Pascal Le Guyader, directeur des affaires sociales au Leem.
Quoiqu’il en soit pour l’Igas « la visite médicale a une influence certaines sur les prescriptions ».
La Croix propose le témoignage d’un autre médecin, ayant des visiteurs médicaux pendant 10 ans, qui, persuadé d’avoir toujours été « plus fort que le marketing des labos », s’est « surpris lui même », le jour où on lui a « mis sous le nez » la liste de toutes ses prescriptions. « J’en suis presque tombé par terre, réalisant que je prescrivais des médicaments que je jugeais sans intérêt. C’est toute la force de la publicité, de la communication, et il faut reconnaître à l’industrie une redoutable efficacité dans ce domaine ».
Enfin, le quotidien précise que « les médecins reçoivent des visites régulières des délégués de l’assurance-maladie, qui peuvent les rappeler à l’ordre s’ils constatent que leurs prescriptions sont trop importantes ou peu conformes aux recommandations scientifiques ».
(Revue de presse Mediscoop)
Pour le Figaro "l'industrie dépense chaque année 25 000 euros par médecin généraliste, soit l'équivalent de 39 % du revenu libéral moyen net d'un généraliste (64 000 euros) « pour apporter des informations » aux médecins."
Le journal ajoute que "Si la loi de 2004 a donné formellement à la Haute Autorité de santé (HAS) un rôle central dans l'élaboration et la diffusion de l'information sur le médicament, il faut, selon les auteurs du rapport, passer à la vitesse supérieure et « faire de la HAS l'émetteur unique d'information sur le bon usage du médicament » car « aujourd'hui, la faiblesse de l'information publique laisse libre cours à la promotion commerciale ».
L'Igas recommande aussi de mettre en place un observatoire de la prescription pour repérer les problèmes rencontrés par les médecins avec les visiteurs médicaux.
Les entreprises du médicament, dans un communiqué, ont nié toute légitimité aux inspecteurs de l'Igas et réclamé la tenue de négociations publiques."
Accéder au rapport sur le site de la Documentation française
Commentaires de la Revue Prescrire
13:31 Ecrit par La fourmi dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
























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