08.12.2008

Jusqu'où faut-il médicaliser la naissance ?

« Alerte aux césariennes inutiles »
Le Journal du Dimanche remarque sur une page que « malgré les risques pour les mères et leurs nouveau-nés, le taux de césariennes a doublé en 20 ans » en France, avec « 20,1 % des naissances l'an dernier, contre 10,9 % en 1981 ».

Le journal se penche sur une étude de la Fédération hospitalière de France, qui « dénonce la hausse des interventions "non justifiées" » et « les écarts "difficilement compréhensibles" entre les établissements ».

Le Journal du Dimanche relève que selon la FHF, « cette incision de l'abdomen et de l'utérus serait de plus en plus utilisée comme "un facteur de l'organisation des naissances", et peut-être même pour "optimiser les coûts de production" ».

L’hebdomadaire observe que « le taux de césariennes des 559 maternités de niveau 1 (qui prennent en charge les grossesses les moins risquées) varie de 9,3 % à... 43,3% ! ».

Le journal cite Damien Subtil, chef du pôle obstétrique du CHU de Lille, qui remarque que « l'OMS estime que le taux optimal est de 15% environ. Il est normal qu'il y ait des différences entre établissements, mais au-delà de 25% on peut se poser de sérieuses questions. Et au-delà de 30%, on n'est plus dans la bonne médecine, c'est certain ».

Le Journal du Dimanche rappelle que « les enfants nés par césarienne ont plus de problèmes respiratoires car leurs poumons n'ont pas été "essorés" par le passage à travers le vagin. Ils sont également davantage sujets à l'asthme ».
« La mortalité de la mère est 3,5 fois supérieure en cas de césarienne, même si ce taux reste très faible (environ 1 cas sur 10.000, toutes naissances confondues) », poursuit l’hebdomadaire.

Philippe Descamps, porte-parole du Collège national des gynécologues et obstétriciens français, observe pour sa part que « l'un des paramètres les plus importants est la crainte des procès : on vous reprochera de ne pas avoir fait de césarienne, jamais l'inverse ».

Le Journal du Dimanche ajoute qu’« il existe également des facteurs moins avouables ».
Pierre Lesteven, conseiller médical de la FHF, indique ainsi que « la césarienne peut être utilisée pour concentrer les naissances lorsqu'il y a davantage de personnel et limiter les gardes de nuit et du week-end ».

Le responsable ajoute : « Nous ne voulons pas stigmatiser les cliniques mais dénoncer la rémunération à l'activité qui incite les établissements publics comme privés à réduire leurs coûts ».

Le journal relève enfin que « les obstétriciens constatent une hausse des césariennes "de convenance" ».

Le Figaro note également que « trop d’accouchements se font par césarienne en France », relevant que « sur les 15 établissements ayant les plus forts taux de césarienne, 12 relèvent du secteur privé, 1 du parapublic et 2 du secteur public ».

(Source : revue de presse mediscoop)

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