24.10.2008
Le médecin, le coordonnier, l'enseignant et la charité
Le médecin est-il un malade imaginaire ou un être en souffrance ?
Le proverbe est connu et beaucoup n’ignorent pas qu’il s’applique parfaitement bien aux professions médicales : les cordonniers s’avèrent souvent les plus mal chaussés. Cependant, plutôt que de s’en tenir à cette maxime générale, le Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) s’est intéressé de plus près à cette question du « médecin malade » et y a consacré un long rapport, récemment publié et commenté dans le dernier numéro du Bulletin de l’Ordre. Les observations de ce travail sont à de nombreux égards édifiantes.
Puisqu’ils choisissent de se soigner eux-mêmes, les médecins se soignent-ils bien ? Les observations de l’Ordre laissent malheureusement augurer le contraire. D’abord, ils n’écoutent aucun des conseils de prévention qu’ils sont pourtant les premiers à connaître (et à diffuser !). « Le médecin a une autre spécificité : il récuse tout examen de prévention Y compris lorsqu’il est salarié. Malgré la pression des employeurs au niveau hospitalier et au niveau des entreprises, les médecins trouvent toujours une solution pour ne pas répondre aux convocations » souligne l’Ordre.
…
Au-delà de l’aspect préventif, le médecin tarde très souvent à s’auto-diagnostiquer : « le caractère principal du médecin malade est que plus qu’un malade habituel, il refuse la réalité de ses symptômes et d’emblée minimise son ressenti. Lorsque la pathologie s’impose réellement, le déni reste encore effectif et c’est l’entourage familial ou confraternel qui le plus souvent intervient bien trop tardivement », analyse l’Ordre. Et lorsque sonne l’heure de cette impérative prise en charge, le médecin est un malade résolument difficile. Avec euphémisme, le rapport souligne : « Les médecins hospitalisés ne sont pas les plus faciles à prendre en charge : s’il était une comparaison à faire, le médecin et l’enseignant sont probablement les deux malades les plus difficiles au niveau d’un secteur hospitalier ».
Extrait de l'actualité du jim.fr "Médecins : des malades qui s'ignorent" 23/10/08
18:59 Ecrit par La fourmi dans Éducation pour la santé des patients, Réflexion(s) | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : santé
























Commentaires
Le médecin est rarement malade
Ecrit par : NARCISSE | 10.02.2009
Pourquoi, Narcisse, un médecin serait-il moins malade que les autres humains ?
Certes son statut social lui donne quelques facilités pour prendre soin de sa santé.
Mais alors que penser de ces chiffres issu d'une enquête sur 1235 médecins tirés au sort dans l'Eure et la Seine-Maritime montrant qu'un praticien sur deux craint que sa santé se dégrade avant la fin de sa vie professionnelle. Deux tiers déclarent des problèmes ostéoarticulaires, un tiers des pathologies digestives. Ce sont les médecins généralistes qui paient le plus lourd tribut avec 32 % qui ont plus fréquemment des troubles psychiques et 11 % qui prennent plus d'antidépresseurs que les médecins spécialistes.
Il est notoire, nous dit le rapport soumis au conseil national de l'ordre des médecins le 28 juin 2008, :
- que les médecins s’auto prescrivent parfois à fortes doses des traitements très actifs qui peuvent donner des complications à moyen et longs terme
- que par l’état de fatigue assez avancée et le surmenage, la prise de stimulants comme les corticoïdes n’est pas rare.
- que dès la moindre pathologie, par exemple virale, la prise de traitements trop importants est fréquente.
- que lorsqu’un médecin présente une pathologie chronique, l’automédication existe afin d’éviter, selon lui, une évolution sévère et une interruption d’activité
- que le non respect des posologies prescrites par le confrère traitant reste fréquent avec le secret espoir de minimiser les possibles effets secondaires et de rendre apparemment plus confortable la poursuite de l’exercice, malgré la pathologie évolutive existante…
Rapport du conseil national de l'ordre sur le médecin malade :
http://www.conseil-national.medecin.fr/?url=rapport/article.php&id=89
(Impact Médecine du 5 février 2009, n°268).
Ecrit par : la fourmi | 11.02.2009
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