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10.07.2008

Cancer de l'utérus : ne pas négliger le frottis

Revue de presse mediscoop du 9/07/08

Le Monde publie un entretien avec Claude Béraud, membre du Conseil médical et scientifique de la Mutualité française, qui appelle à un « moratoire » sur la vaccination contre les papillomavirus humains pour prévenir le cancer du col de l'utérus.

Le Pr Béraud explique ainsi que « l'utilité du vaccin [Gardasil] est inconnue car sa commercialisation est trop récente et il faut en moyenne 15 ans pour qu'une infection due à certaines souches de papillomavirus détermine un cancer. En second lieu, on ignore quel est le niveau d'efficacité de ce vaccin. […] En dernier lieu, le coût de cette efficacité clinique serait très élevé ».

Le spécialiste ajoute qu’« une incertitude pèse sur la durée de l'immunité qu'il confère. Elle est probablement supérieure à 6 ans mais elle est peut-être insuffisante pour que ce vaccin conserve, en l'absence de rappels, son efficacité potentielle toute une vie ».
« Une autre incertitude concerne les perturbations écologiques que ce vaccin pourrait induire dans l'équilibre des souches virales, soit en favorisant le développement de souches résistantes, soit en accroissant la virulence de souches aujourd'hui inoffensives »,
poursuit Claude Béraud.

Le praticien remarque que «les frottis évitent, lorsqu'ils sont réalisés dans les conditions optimales d'une prévention organisée, au moins 80 % des cancers du col utérin alors que le vaccin, même si son efficacité était conforme aux espérances des industriels, ce qui est hautement improbable, ne pourrait prévenir que 70 % des cancers liés aux souches présentes dans les vaccins ».

Le Pr Béraud ajoute que « la peur et l'angoisse suscitées par les campagnes médiatiques qui ont accompagné la mise sur le marché des vaccins ont conduit des jeunes femmes et des adolescentes souvent accompagnées de leur mère - cible préférée de la publicité culpabilisante des laboratoires - dans les cabinets médicaux. Rétablir la réalité du risque est donc nécessaire ».

De son côté le Parisien indique brièvement que « le Cervarix, vaccin contre certains des papillomavirus à l’origine des cancers du col de l’utérus, va être remboursé à 65 % selon le Journal officiel, en dépit de certaines réserves sur l’efficacité et la nécessité du vaccin » (voir ci-dessus).
Le journal rappelle que « son prix est de 112 euros la dose ».

La Tribune constate également que le vaccin de GlaxoSmithKline « sera remboursé en France ».
Le quotidien parle de « bonne nouvelle pour le groupe pharmaceutique alors que la Haute autorité de santé publique avait recommandé que le Cervarix ne soit pas remboursé ».

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