29.01.2008
Sophia voudrait accompagner les diabétiques

Selon annuaire-secu.com la CNAMTS a présenté Sophia, son nouveau service d'accompagnement des malades chroniques
La CNAMTS lancera à partir de mars "Sophia", un dispositif d'accompagnement des patients diabétiques, a annoncé son directeur général, Frédéric van Roekeghem, lors d'une conférence de presse le 22 janvier.
Ce dispositif expérimental sera déployé dans dix départements pilotes (Alpes-Maritimes, Ariège, Haute-Garonne, Gers, Loiret, Puy-de-Dôme, Hautes-Pyrénées, Sarthe, Seine-Saint-Denis et Tarn) et sera ouvert, sur le principe du volontariat, aux 136 000 patients diabétiques de plus de 18 ans pris en charge à 100 % au titre d'une ALD résidant dans ces départements, ainsi qu'à leurs 6 000 médecins traitants.
Ce nouveau service vise à aider les patients souffrant d'un diabète de type 1 ou 2 à mieux suivre les recommandations de leur médecin, à prévenir les risques de complications de cette maladie chronique, à les inciter à être plus facilement "acteurs de leur santé" et enfin à améliorer leur qualité de vie.
Ce nouveau dispositif soulève déja des questions de la part de certains médecins qui voient d'un mauvais œil l'ingérence de la CNAMTS dans la Santé publique.
Selon le Dr Dominique Dupagne (Carla", la jumelle de Sophia) "il est significatif que l’assurance maladie, qui peine de plus en plus à assumer sa mission, sort du champ de l’assurance pour rentrer dans celui de la santé publique. Quelle est sa légitimité dans ce domaine ? N’aurait-elle pas intérêt à concentrer ses moyens et son énergie à convaincre sa tutelle d’abandonner des réformes complexes et pénalisantes pour les patients les plus fragiles ?"
En tous cas les choses sont clairement dites, la CNAMTS se considère aujourd'hui comme une entreprise de services * et la voie est ouverte vers un mix entre le coaching de la maladie chronique à l'américaine - "disease management" (DM)- avec obligation de résultats et la prise en compte des valeurs, du sens et des projets de vie de chaque malade. Un grand écart entre contrainte et autonomie. L'avenir montrera la justesse ou non de ce difficile (périlleux ?) équilibre.
Dans un premier temps, des documents d'information sur le service et des bulletins d'adhésion seront envoyés à la population cible par les CPAM, en février pour les médecins et à partir de mars pour les patients qui disposeront à cette date d'un numéro pour se renseigner sur le service (0811.709. 709).
Dans un deuxième temps, en septembre 2008, un accompagnement téléphonique personnalisé, un service Internet et un magazine trimestriel spécialisé "Sophia et vous" seront proposés aux adhérents.
L'accompagnement téléphonique s'appuiera sur "quelques dizaines" d'infirmières recrutées par l'Assurance maladie et spécifiquement formées, regroupées au sein d'une plate-forme technique mise en place avec le concours de Accenture et de Health dialogue.
Le coût du dispositif est évalué à environ 10 millions d'euros annuel, soit environ 10 euros par patient et par mois, rapporte une dépêche APM.
Chaque médecin traitant, acteur clé de Sophia, touchera 2C à l'entrée d'un patient diabétique dans le dispositif, puis 1C par an. Il sera aussi régulièrement informé sur l'accompagnement de son patient. Ce programme a été élaboré en partenariat avec les associations de patients, les réseaux de santé, les sociétés savantes, l'Ordre et les syndicats de médecins, la Haute autorité de santé (HAS) et l'INPES, réunis au sein d'un comité scientifique mis en place en juin 2007.
"Pour la première fois, l'Assurance maladie concrétise sa stratégie d'évoluer d'une entreprise de production, de remboursement de feuilles de soins, vers une entreprise de services en santé, de manière à mieux accompagner les assurés pour les aider à gérer au quotidien leur santé", a souligné Frédéric van Roekeghem.
"Il y a un enjeu de santé publique majeur à pouvoir prévenir les complications du diabète qui se déploie de façon croissante. Il y a aussi un enjeu médico-économique pour l'Assurance maladie, puisqu'en 1994 le diabète représentait 3,7 milliards d'euros, près de 11 milliards en 2006 et pourrait atteindre 20 milliards de dépenses à horizon 2015", a expliqué le directeur général de la CNAMTS.
Ce premier plan national de disease management à la française doit être expérimenté jusqu'en juin 2010 et évalué par un cabinet indépendant. Il sera étendu à d'autres pathologies chroniques en cas de succès.
Dossier de presse de la CNAMTS du 22 janvier - 14 pages (pdf)
Lettre d'information aux médecins n° 27 - janvier 2008 sur Sophia
Pour aller plus loin :
Les malades chroniques privés d'éducation thérapeutique
sur le site Pratiques en santé (nombreux liens sur ce thème)
Dans le n°4 / 2007 de la revue Santé Publique il est question de cette "3ème voie à la française". En voici l'éditorial : Éducation thérapeutique ou disease management.
Deux conditions du rapprochement entre ces deux approches sont fondamentales pour F. Baudier et G. Leboube. La première est la place du médecin traitant. Il doit être non seulement le déclencheur du processus de prise en charge mais aussi celui qui établit un lien thérapeutique fort pour la continuité du processus de soin. La seconde est l'existence d'une offre en aval en éducation thérapeutique du patient qui devra venir en relais avec le médecin traitant et/ou de la démarche de Disease management.
* Pour le président de la Société française de santé publique François Bourdillon et le diabétologue André Grimaldi qui signent l'éditorial de ce dossier sur l'éducation thérapeutique, le DM exprime en fait la volonté des financeurs, de l'assurance-maladie, des assureurs d'intervenir dans l'organisation des soins, d'en devenir un des acteurs, rendant majeur le risque de confusion des rôles.
Ainsi l'éducation thérapeutique serait très coûteuse lorsqu'elle est portée par les réseaux de santé mais serait un "business" rentable lorsqu'il s'agit de "disease management". Dans la réalité oncontinue donc à entretenir un double discours et il convient d'interroger les politiques sur leurs stratégies de développement de l'éducation thérapeutique.
En effet le DM qui sous couvert de services (en particulier le "coaching téléphonique") entretiendrait une dépendance des personnes et s'éloigne des principes fondamentaux et éthiques de l'éducation thérapeutique qui est, le rappelle le Pr Rémy Gagnaire, une activité soignante en soi.
Sophia et Carla. De quoi je me mêle ? Le coup de colère de Dominique Dupagne.
Améliorer la prise en charge des malades chroniques : les enseignements des expériences étrangères de « disease management ». Rapport de l'IGAS, 2006
Santé : place à l'éducation thérapeutique du patient
L'observance et moi et moi et moi. (Newsletter de janvier 2008 de l'Association Française des Diabétiques - pdf). Pour le Pr Grimaldi , chef du service de diabétologie à la Pitié-Salpétrière, "on croit souvent que le contrat thérapeutique se négocie entre le médecin et le patient. C'est une erreur. La négociation se déroule entre le moi rationnel et le moi émotionnel [du patient], et le médecin doit se faire l'avocat des deux".
Le médecin généraliste est un acteur de soins, de prévention et de santé publique (Communiqué de presse de la Société française de santé publique, septembre 2007)
Communiqué de presse du Comité Inter-aSsociatif sur la Santé (CISS)
10:15 Écrit par La fourmi (Webmaster) dans Assurance Maladie, Dépenses de Santé, Diabétologie, Éducation pour la santé des patients | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : santé
























Commentaires
Bravo pour votre article très complet !
Écrit par : Gael - Danger Santé | 29.01.2008
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Écrit par : Dissertations Writing | 08.10.2010
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