08.05.2008

Asthme : traitement de crise mais aussi traitement de fond

« Bien équilibrer l’asthme de l’enfant »
La Croix du 6/05/08 (source revue de presse mediscoop)

La Croix relève qu’« à l’occasion de la Journée mondiale de l’asthme, les médecins soulignent que le contrôle de la maladie chez l’enfant est une priorité ».
Le journal rappelle qu’« il existe des traitements qui permettent de contrôler la maladie et de mener une vie normale », mais cite l’association Asthme-Allergies, qui note que« les appellations diverses qui évitent de parler d’«asthme» sont parfois abusivement utilisées pour ne pas affoler les parents mais peuvent être dangereuses, source de confusion ou de retard dans le diagnostic d’asthme et par conséquent de son traitement ».
Le quotidien estime en effet que « des progrès restent à faire », relevant qu’« une étude publiée l’an passé montre que 66 % des enfants atteints ont un asthme insuffisamment contrôlé ».
La Croix livre l’avis du Dr Luc Réfabert, pneumo-pédiatre à l’hôpital Necker-Enfants malades à Paris, qui note qu’« il existe pourtant, depuis les années 1980, des traitements de fond qui sont très efficaces pour traiter l’inflammation des bronches. […] De grands progrès ont été faits au niveau de la simplicité d’utilisation de ces produits ».
Le praticien observe qu’« il y a chez beaucoup d’asthmatiques une culture du traitement de la crise, car c’est la partie la plus visible de la maladie. Mais la plupart d’entre eux ont du mal à intégrer le fait qu’il s’agit d’une pathologie chronique qui doit être traitée même quand elle ne se «voit» pas ».
La Croix ajoute que « lorsqu’ils sont correctement suivis, les traitements de fond permettent d’éviter la survenue des crises et de vivre comme tout le monde ».

10:05 Ecrit par La fourmi dans Asthme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : asthme

01.05.2008

Equilibre alimentaire ou équilibre des recettes publicitaires

La Société française de santé publique soutient et appuie l’initiative « Equilibre alimentaire ou équilibre des recettes publicitaires à la télévision : engraisser les enfants ou les chaînes de télévision ? Il faut choisir ».

Elle appelle tous ceux qui se préoccupent de la santé des enfants, de la lutte contre l’obésité et les maladies chroniques, à signer cette lettre ouverte afin de pouvoir agir sur la publicité télévisuelle (pendant les créneaux horaires où les enfants sont devant les écrans de TV), pour les aliments dont l'excès de consommation peut menacer la santé. 

Nous vous invitons à la diffuser et à la signer en ligne.

Signatures sur le site de la Société française de santé publique

 

29.04.2008

Disparités territoriales des politiques de prévention sanitaire

Des études récentes montrent qu’il existe en France de nombreuses disparités territoriales en matière de prévention sanitaire. Le nord de la France présente par exemple un taux de mortalité prématuré plus élevé avec des causes de décès liés à des conduites à risques : alcoolisme, tabagisme…

C’est pour cette raison que le gouvernement avait confié en octobre dernier à André Flajolet, député du Pas-de-Calais une mission sur les disparités territoriales des politiques de prévention sanitaire ».

Le Figaro économie relaie en effet les recommandations du député André Flajolet pour « définir une «politique nationale» et «globale» de prévention », dans un rapport sur les « Disparités territoriales des politiques de prévention sanitaire ».
Le journal relève qu’« une «prévention globale» doit s’appuyer notamment sur le sport, l’alimentation, l’éducation et l’accès aux soins ».
Le quotidien note que le rapport souhaite « favoriser un accès à la santé. […] L’idée est de «recréer l’accès aux soins dans les zones déficitaires autour d’un projet de santé, commun aux élus et aux acteurs sociaux, sanitaires et médico-sociaux» ».
Le Figaro économie ajoute que « la mission souligne l’importance de «concentrer les moyens sur les territoires en déficit de santé par discrimination positive», grâce à une loi quinquennale identifiant les «régions prioritaires» ».

Selon le député André Flajolet "le rapport de la présente mission prend le point de vue du citoyen, en gardant de la technique ce qui est seul utile à la démonstration. Mais ce citoyen est averti. Il est, tour à tour et parfois simultanément, professionnel de santé, professionnel social, gestionnaire des deniers publics, de ses propres deniers, personne durablement en bonne santé, provisoirement en bonne santé, patient, indifférent à sa santé, hypochondriaque, malade, salarié, indépendant, intégré, laissé pour compte, parent, jeune, vieux…

Ce rapport prétend aller à l’essentiel, concrètement, et donner des guides pour accompagnerles attentes qui s’expriment, depuis souvent fort longtemps, chez les professionnels et dans la population. Bref il se veut politique à un moment où, les auditions en témoignent, chacun perçoit que la croisée des chemins est là et que l’horizon à cinq ans n’est pas atteignable en l’état."

Consulter le rapport en ligne et les annexes du rapport

 

23.04.2008

Les médecins sont aussi victimes du burn-out

Le Concours médical du 17/04/04 consacre un dossier très complet sur l’« épuisement des professionnels de santé » et le burn out, « ce stress lié au travail requérant un engagement relationnel ».
La revue observe qu’« évoqué dans les années 1970, le burn out des médecins a continué son expansion à bas bruit », puis observe que « les causes de ce burn out sont surtout d’ordre professionnel. La prévention n’est donc pas qu’une affaire privée, mais nécessite une prise en compte collective ».

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15.04.2008

Le mensonge dans la relation médecin-patient

(extrait de la revue de presse mediscoop)

« Une visite chez le médecin n’est pas toujours d’une grande sincérité »
Libération (une consultation à maux cachés) du 15/04/08

Libération remarque en effet que « mentir à son médecin, son dentiste, à son psy, à son gynéco, au pédiatre, franchement, c’est humain. Les médecins eux-mêmes ne sont pas dupes, ayant appris au fil de longues années de baratinage de patients à repérer les constantes ».
Le journal livre ainsi divers témoignages de « patients qui mentent, ou pas », comme Catherine, qui déclare : « Oui je mens. Je lui dissimule le cancer du sein de ma mère, de peur qu’il ne m’en cherche un… Voire qu’il en trouve un ».
Ou Fabrice : « Non je ne mens pas, mais si je devais le faire, ça serait genre pour dissimuler une maladie sexuellement transmissible non attrapée avec ma légitime. En fait, je changerais de médecin, je crois ».
Ou encore Eric : « En tant que médecin, quand j’y vais, je mens aussi au docteur en omettant de lui dire quel métier je fais ».

 Voir le livre de Sylvie Fainzang sur le sujet, sur ce blog.

 

12.04.2008

Vous avez dit sarcoporose ?

ostéoporose + sarcopénie = sarcoporose

C'est cette nouvelle appelation qu'a proposé le Pr Yves Boirie lors des 48ème journées annuelles de nutrition et de diététique en janvier 2008.

L'hyperspécialisation de la médecine fait oublier que si l'homme peut-être fractionné du point de vue médical, c'est un être complexe et pas seulement composé de tissus et d'organes.

Se focaliser sur l'ostéoporose sans s'intéresser aux muscles était donc voué à l'échec. Simple question de bon sens, même si l'evidence-based medecine n'en accepte plus la logique. 

Mais poussons plus loin, l'homme n'est pas simplement une association de muscles et d'os. Il possède une raison contrariée par des désirs pas toujours "raisonnables".

Il y a donc fort à parier qu'il faudra plutôt s'attacher à la promotion de la santé que de vouloir résoudre une équation à multiples inconnues. 

Communication du Pr Y. Boirie : Sarcopénie ou sarcoporose ? 

Halte aux troubles musculo-squelettiques ( TMS )

Lu sur le site des TMS (www.info-tms.fr) : En France le nombre de maladies d’épaules les plus graves (épaules enraidies) a été multiplié par 5 entre 1997 et 2002.

Cette douleur quotidienne qui vous réveille la nuit ou vous empêche de faire certains gestes est peut-être liée à votre travail... Vos collègues souffrent peut-être aussi... Dans ce cas, vos conditions de travail peuvent être améliorées, mais il faut en parler :

- À vos supérieurs hiérarchiques : ils entendront et relaieront vos difficultés pour que l’entreprise puisse mettre en place des solutions adaptées
- Aux services de santé au travail et notamment au médecin du travail : ils feront le lien entre les douleurs, les symptômes et la situation de travail.
- Aux représentants du personnel (délégués du personnel, Comité d’Entreprise, Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail…) : ils sont là pour alerter votre direction en cas de problème concernant les conditions de travail dans l’entreprise.
- À l’inspecteur du travail : il peut également intervenir, à la demande des représentants du personnel, dans le cas où vous rencontrez une situation difficile.

Le développement des TMS n’est ni une fatalité ni une question uniquement médicale : le problème peut être géré si l’entreprise s’engage dans une démarche de prévention. Pour y parvenir, il est nécessaire que l’ensemble des acteurs de l’entreprise – employeur, salariés, encadrement, représentants du personnel, services de santé au travail – se l’approprie pleinement et prenne une part active au projet.

Chaque entreprise est un cas particulier : elle devra faire émerger ses propres solutions adaptées à sa culture, à son contexte, à son organisation et à son activité.

 

82967127460083c8d04e0864533df7cd.jpgPour en savoir plus sur les TMS :

Site officiel (Ministère du Travail)

 

Sur ce blog :

 

10.04.2008

Plus faibles sont les revenus des ménages, plus mauvais est l´état de santé des Français, plus bas est le taux de couverture en complémentaire santé et plus fréquent est le renoncement aux soins.

Lu sur www.egora.fr.

Plus faibles sont les revenus des ménages, plus mauvais est l´état de santé des Français, plus bas est le taux de couverture en complémentaire santé et plus fréquent est le renoncement aux soins. L´enquête Santé Protection sociale (Esps) 2006 de l´Irdes (Institut de recherche et documentation en économie de la santé) effectuée auprès de 8 000 ménages (22 000 individus), souligne, comme les années précédentes, l´importance du déterminant social dans les statistiques de santé.

Si trois personnes sur quatre se déclarent en bonne santé, d´après l´Esps 2006, le pourcentage de personnes se déclarant en « moyen », « mauvais » ou « très mauvais » état de santé varie de 15 % parmi les ménages de cadres à 37 % parmi les ménages d´employés de commerce et d´ouvriers non qualifiés. Les troubles de santé les plus fréquemment évoqués sont les troubles de la vue (60 % des personnes interrogées), l´hypertension artérielle (14,9 %), l´arthrose (18 %), les problèmes de dos (13,2 %) et les problèmes de cholestérol (12,8 %). Les femmes, plus que les hommes, déclarent plus de problèmes de santé, en particulier la dépression nerveuse, l´anxiété, les migraines (9,3 % des femmes et 2,8 % des hommes).

Consulter l'enquête ESPS2006.pdf

04.04.2008

Prévention quaternaire et accompagnement de la fin de vie

Rapport sur La France palliative
Marie de HENNEZEL

Paris;Ministère de la santé, de la jeunesse, des sports et de la vie associative;2007;159 pages

Ce rapport a été demandé par Philippe Douste-Blazy, ministre de la santé, en 2005, à la veille du vote de la loi du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie, dite loi Leonetti.

Marie de Hennezel a effectué cette mission en se rendant dans toutes les régions de métropole et à La Réunion, afin d'y étudier la manière dont sont pratiqués les soins palliatifs et de sensibiliser les équipes en organisant des forums "Fin de vie : le devoir d'accompagnement".

Elle fait état, dans ce rapport, d'une carence généralisée des soins palliatifs et d'inégalités importantes dans l'accès à ces soins. Elle conclut en indiquant que la culture des soins palliatifs n'est pas encore entrée dans la mentalité française et que les sources de financement sont insuffisantes. Elle constate la mauvaise connaissance de la loi Leonetti et de son contenu.

Dans le texte de l'argumentaire utilisé lors des forums, Marie de Hennezel propose tout d'abord de clarifier les mots et les pratiques, de former et d'accompagner les équipes, d'accueillir, accompagner les familles et respecter les rites religieux et enfin de promouvoir le bénévolat d'accompagnement.


Accéder au rapport sur le site de la Documentation française.

31.03.2008

Lettre ouverte aux acteurs de l’éducation thérapeutique du patient

La Haute Autorité de santé (HAS) et l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES) ont publié en 2007 un guide méthodologique intitulé « Structuration d’un programme d’éducation thérapeutique du patient dans le champ des maladies chroniques ». Ce guide est assorti de trois fiches de recommandations professionnelles, signées de la seule HAS. Par la présente lettre ouverte, nous souhaitons exprimer publiquement nos réserves quant au contenu de ces documents.

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26.03.2008

L'industrie agro-alimentaire est-elle prête à jouer le jeu ?

Hier se tenait une réunion autour du programme national nutrition santé (PNNS) à laquelle le secteur agro-alimentaire était convié.

Occasion pour la Société Française de Santé Publique de rappeler les enjeux dans un communiqué de presse (1). "Par deux fois, l’industrie et la grande distribution n’ont pas participé aux réunions de concertation. L’Etat est pourtant dans son rôle : protéger la santé des futures générations. Il souhaite la concertation, une prise de conscience et des engagements éthiques…

En effet, la responsabilité et les comportements individuels ne sont pas les seuls en cause dans ces habitudes alimentaires néfastes. Il est ainsi particulièrement souhaité que les industriels prennent des engagements de progrès nutritionnels portant sur la composition nutritionnelle des aliments, leur présentation et leur promotion et que les entreprises de restauration collective signent des engagements similaires…

Dans ce contexte, la ministre de la Santé a entamé une concertation avec les industries alimentaires, les entreprises du commerce et de la distribution, les associations de consommateurs et les autres ministères concernés. Le souhait est d’amener les entreprises et annonceurs à des "engagements d'autodiscipline"…

Dans une société de libre entreprise, nous avons besoin d’une éthique forte si nous voulons conserver les équilibres. Les industriels disent ne pas souhaiter les textes contraignants, mais à défaut d’engagement de leur part, l’Etat devra définir les règles."

Et de conclure son communiqué en ces termes :"souhaitons que cette fois-ci les entreprises accepteront le dialogue. Les
règles bâties en commun valent souvent mieux que celles qui sont imposées."

(1) Communiqué de presse SFSP "Pour une éthique forte de l'industrie alimentaire" - 25 mars 2008
 

13.03.2008

Suivre les risques psychosociaux au travail

"Les risques psychosociaux posent un ensemble de problèmes divers, complexes et importants du fait du poids de leurs conséquences. Parce qu'ils se développent à la frontière entre la sphère privée (le psychisme individuel) et la sphère sociale (les collectifs d'individus au travail), ils sont au cœur de beaucoup de conflits.

Les oppositions d'intérêts qui les traversent entraînent une multiplication des points de vue et des approches et, finalement, une certaine confusion dans les concepts, leurs modes d'analyse et le repérage de leurs causes ou de leurs effets".

Ainsi commence le résumé du rapport de Philippe Nasse, vice-président du Conseil de la concurrence, et Patrick Légeron, médecin psychiatre, remis ce 12 mars 2007.

"Le stress au travail a un coût social et humain, mais aussi économique", a confirmé Xavier Bertrand. il est "évalué" par le Bureau international du travail à "3 à 4% du PIB" et un quart des arrêts de travail de 2 à 4 mois sont dus à des problèmes psycho-sociaux.

Pour le Dr Légeron "l'émergence de ces risques est liée à un profond changement des conditions de travail. Les salariés peuvent être soumis à une pression psychologique forte, portant sur la quantité de travail, sur la performance, les délais… Parallèlement ils veulent être valorisés dans leur travail, ce qui est légitime. C'est le décalage entre ces attentes et la mise sous tension qui crée le stress"

Le Parisien du 12/03/08 note que « les symptômes sont connus mais les causes de la grande déprime des salariés [sont] plus difficiles à expliquer. On retrouve en toile de fond la course à la productivité, les pressions de l'encadrement, les restructurations ou les accidents de carrière ».
Le quotidien cite Jean-Claude Delgenes, expert en prévention des risques, qui observe que « les médecins du travail ne sont pas formés et les entreprises ne savent pas comment affronter un tel phénomène ».

Les Echos de leur côté retiennent que « Bertrand met la pression sur les entreprises ».
Le journal note en effet que « le ministère du Travail souhaite rendre obligatoires des négociations sur le stress dans les branches où le phénomène est le plus marqué et envisage un bonus-malus financier pour inciter les sociétés à mieux prévenir les risques psycho-sociaux ».

Pour en savoir plus :
Rapport 

Projet du gouvernement : prévenir la souffrance au travail : une priorité du gouvernement